Une pierre de patience, qu’est ce que c’est ?

La pierre de patience est un objet magique, présent dans de nombreux contes de Turquie et de Grèce. Selon les croyances, la pierre de patience est une pierre confidente à qui l’on révèle ses secrets et ses peines. Le jour où elle se brisera (ou le jour on la perdra), alors, la croyance assure que nous serons libérés de tout ce qu’on lui avait confié.

Résumé

Contes d'initiation amoureuse, de créativité et de découverte de soi, ce spectacle propose de partir à la rencontre d’héroïnes qui crient un grand "Oui" à la Vie, à ses défis, à ses peines et à ses joies. Des femmes qui écoutent leurs petites voix, celle de leur coeur, celle de leur ventre. Sauvages et intuitives, elles se confient aux pierres, et parlent aux oiseaux. Elles se font les complices des rayons de lune pour pétrir leurs rêves parfumés d’épices et de santal. Et partir, enfin, à la recherche de celui qui les attend. Ces femmes rêvent, pleurent, rient, aiment et chantent. Intensément vibrantes. Intensément…humaines.


Extraits vidéo
Extraits vidéo - Pierre de patience


Durée: 1h env. Tout public à partir de 10 ans.


Pour les curieux

Contenu

  • Des contes majoritairement issus des répertoires traditionnels grec et turc
  • Des chants traditionnels arméniens, tchétchènes, turcs, lazes

Note d’intention ou le pourquoi du comment

Il y a quelques années, je suis tombée sur un conte qui m’a immédiatement fascinée: «Pierre de Patience». L’histoire de cette jeune fille, enlevée par un oiseau bleu pour aller veiller un homme mort pendant 40 jours et 40 nuits avait de quoi dérouter. Le fait qu’elle tombe amoureuse de lui et de son silence, encore plus.

Au fil de mes recherches ( effectuées notamment grâce au magnifique ouvrage d’Anna Angelopoulos « Contes de la Nuit Grecque » aux éditions Corti ) j’ai découvert que ce conte était un sous-type du conte d’Eros et Psyché, et qu’il avait de nombreuses versions en Turquie, en Grèce, et dans toute l’Europe Méridionale : 118 versions existent ! Il ne me restait plus qu’à tisser mes versions favorites entre elles*.

L’étrangeté et la poésie de ce conte m’ont habitée longtemps. Je ne pensais pas le raconter un jour. Mais il est des «alarmes» silencieuses qui nous préviennent quand il est temps...

«Pierre de Patience», conte éponyme, est donc à l’origine de ce spectacle. Trouver des compagnons de route à ce conte «pilier» est comme un jeu...sans fin. C’est que je m’intéresse à un thème très vaste et inépuisable: celui de la femme, et de ses transformations au cours de la vie. La femme créatrice, la femme qui veille, la femme qui s’initie, la femme qui devient mère, la femme guérisseuse... Autant d’archétypes immémoriaux qui nous en apprennent plus sur nous mêmes, et qui nous murmurent à l’oreille: «Oui, les femmes de ces histoires, ces femmes d’un autre temps avaient les mêmes rêves et les mêmes peurs que toi. Vois comme ta puissance vient de loin. Sent comme toutes ses femmes sont derrière toi, et avec toi.»

Ce spectacle n’est pas un spectacle féministe, et ne s’adresse pas à un public spécifiquement féminin (les hommes ne sont jamais bien loin, dans ces histoires...): finalement, les aspects abordés sont souvent communs aux deux sexes. Pas besoin d’être une femme pour relever des défis et devenir un être aimant, créatif et épanoui. D’ailleurs, les contes le savent bien, et nombreux sont ceux qui mettent en scène le principe masculin. C’est juste que, étant une femme, j’ai souhaité, pour ce spectacle, me placer du point de vue qui m’est le plus familier...

Le dessein de ce spectacle n’est pas non plus de défendre les femmes, ni de dénoncer quoique ce soit. Ce spectacle veut simplement être un hommage: un hommage à des héroïnes fascinantes, fortes et douces à la fois. Des héroïnes qui disent oui à leur destin, oui à leur intuition, à la vie, à ce qui leur est proposé. Elles baissent les armes, et s’abandonnent, pour vivre ce qu’elles ont à vivre, et en ressortir transformées, grandies. Ce ne sont pas des guerrières: elles ont fini de se battre. Leurs prouesses ne résident pas dans le maniement des armes mais dans leur faculté à faire confiance à la vie et à elles même.

Pourquoi avoir peur? Pourquoi ne pas y aller, quand la vie nous le propose? Puisqu’à la fin de l’histoire, quelques soient les difficultés rencontrées, c’est toujours la plus belle version de nous mêmes qui nous tend les bras...



* Ce spectacle n’a aucun lien avec le livre et le film « Syngué Sabour, Pierre de Patience » d’Atiq Rahim : seul le motif de la pierre de patience s’y retrouve.



Graphisme Elinoï Design. Merci au modèle d'avoir prêté sa douce présence costumée pour cette affiche.